Noam

J’étais dans la souffrance

 Je me souviens déjà des deux semaines, sans ma famille. Quand le voyage a commencé, j’ai eu un nœud au ventre car nous somm es passés au dessus de l’Algérie…

J’ai directement pensé à mon père, parce qu’il es t cent pour cent Algérien et j’ai eu des larmes… Quand je suis arrivé en Afrique, au Niger,  j’ai rencontré  Moussa, un Touareg  qui nous a accueillis à l’aéroport. Cela ne m’a pas choqué, en Algérie, il y a beaucoup de Touareg.

Après, j’ai essayé de dormir pour arriver plus vite, mais le voyage m’a saoûlé. Ma mère m’avait dit, si les choses te saoûlent, laisse-toi guider et ferme-la !

J’ai ramené le respect dans ma tête, même si j’ai éprouvé de la tristesse! Il y avait trop de morale de la part de Rita, mais je sais que cela me servira pour mon avenir.

Noam

 

Cette femme-là…

Cette femme m’a connu voyou, voyou triste, déchaîné, hanté par une haine très forte qui restait bloquée en moi. Je savais qu’elle le sentait, je le voyais… Cela m’a fait comprendre que cette femme pourrait arriver à m’aider.

Elle a tenté beaucoup de choses pour  moi, de la misère, du  bonheur,  du chagrin. Maintenant ce que je vois c’est que cette femme est en train de m’aider et cela me fait du bien de le comprendre. Moi, qui disais du mal d’elle, je pourrais dire du bien d’elle car je suis fier d’elle et de moi …

Je pense aller jusqu’au bout, si Dieu le veut, mais ça ne sera pas si facile que ça ! J’ai encore un bout de chemin à faire avant ma majorité…

Je ne lui ai vraiment jamais serré la main avec un vrai sourire, mais après tout, si vraiment j’ y arrive, je souhaiterais la prendre dans mes bras et lui dire merci….

Noam



Lettre à ma génération
 
Pourquoi avoir fait tout ça ? Après avoir été bercé par sa mère ? Accueilli par des offres d’emplois, des trucs comme ça, ou même après avoir été moralisé par de nombreuses personnes qui t’entouraient, qui voulaient t’aider, te faire comprendre la vie…
 
Tu l’as prise du mauvais côté, mets-la dans le bon sens… Tu n’as toujours pas voulu entendre ce que l’on te disait, les juges, les procureurs, les éducateurs, même les directeurs de prison, même ton père et ta mère, ceux que tu respectes le plus ! Ceux que tu aimes, et que tu aimerais garder toute ta vie sans jamais qu’ils décèdent…
 
Pourquoi avoir été condamné ? Pourquoi avoir été placé ?
Pourquoi avoir été aidé ?
 
Comprends-le!
 
Noam



Dans ma bulle à moi
 
Ce n’est pas de l’oxygène qu’il y a, c’est du gaz, il m’intoxique,
J’ai envie qu’elle éclate, j’ai envie de retomber sur mes pieds
et les prendre à mon cou pour trouver un chemin plus droit. . . Mais lequel?
Dans ma bulle à moi,
j’étais renfermé sur moi-même,
C’est pour cela que j’étais agressif,
les souffrances me faisaient comprendre que je n’étais pas encore sur de bons rails…
Dans ma bulle à moi,
j’ai découvert beaucoup de choses, des choses utiles pour mon avenir,
le travail, le courage, comment supporter la souffrance,
être modeste, contrôler sa haine et apprendre la maîtrise de soi-même…
Dans ma bulle à moi,
j’étais dans une atmosphère de respect, d’échanges de connaissances
dans une famille que je respectais et qui m’a formé grâce à Ibra,
Ibrahim le Touareg en qui j’avais le plus confiance …
Dans ma bulle à moi,
à la fin de tout ça, je croyais être déjà revenu en France, mais ce n’était qu’un rêve…
Un rêve auquel je pensais tous les jours, en pensant souvent à ma famille…
 
Noam

Mon   père et moi

Mon père, ce battant, pose son sac sur le cargo avec vingt francs dans les poches, en 1963, il a treize ans et là, sa vie commence en France, tout en gardant énormément de souvenirs de son père et de sa famille qui lui tenaient à coeur.

Sa tristesse cachée, Mouloud fonce tête baissée vers son avenir. Il trouve la femme qu’il voulait trouver, il a vingt-cinq ans, un enfant vient au monde, celui qu’il nomme Abdelkrim.

Plus tard, une autre femme très différente, avec du cœur, ayant le même caractère que Mouloud, rentre dans sa vie et la fait réellement démarrer. Maman, celle que j’aime autant que Papa, je suis venu au monde après quelques années écoulées entre eux.

J’ai grandi, très collé à eux jusqu’à l’âge de huit ans. Ils m’ont beaucoup aimé, cajolé, défendu, admiré. Hélas, arrive une très grosse déchirure. J’ai voulu prendre le chemin de mon père car je savais qu’il comptait beaucoup sur moi pour que je devienne comme lui.

Cette déchirure m’a servi, en bien et en mal surtout, à être ce que je suis maintenant.  Après  tout ça, pour moi, les huit années écoulées me semblent être comme mises entre guillemets… Je veux les fermer, ces guillemets, et ouvrir d’autres parenthèses, tout en gardant mes souvenirs.

Le sang de mes parents qui coule dans mes veines m’emporte comme une rivière vers la vraie vie, celle que mon père a toujours combattue, pour devenir ce qu’il est et pour que je le devienne aussi.

J’ai commencé à comprendre ce que le mot vie voulait dire. Je l’avais dans ma tête, mais pas encore en face de moi pour mieux réagir.

Maintenant j’ai dix-sept ans, merci Papa, merci Maman, je vous aime.

Noam

 

Frère et sœur 

Mon petit frère qui était plus aimé que moi, moi qui étais  jaloux,  j’ai  voulu  prendre le devant un peu caillouteux. Tout cela fait que mon père n’était pas satisfait de moi. Moi, l’aîné, j’ai donné le mauvais exemple à Memouer, lui qui restait attaché à moi, qui m’aimai  beaucoup mais qui se disputait parfois avec moi… Je  lui ai donné le mauvais chemin et c’est pour cela  que  j’essaye  de m’accrocher aussi durement pour pouvoir trouver une solution pour lui.

Ma petite sœur de trois ans, Anissa, est un petit bijou d’amour, j’aimerais être avec ma mère pour l’élever. Femme au foyer, ma mère a beaucoup de courage pour supporter des enfants très durs, à cœur de pierre.

J’aimerais tailler cette pierre en flèche, dirigée vers le chemin le plus droit et le plus facile pour ma famille. J’ai entièrement confiance en mes parents car ils ont beaucoup de savoir-faire, ils sont intelligents, mais moi je ne les laisserai jamais tomber.

Mes parents, c’est moi. Moi, c’est mes parents Eux, c’est. moi. Et moi, c’est eux !

Noam

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