Maxime

Maxime

Le baroudeur du cœur

Maxime hésite toujours entre l’hier et !’aujourd’hui.

La voix peut gronder, devenir tendre, exploser dans un rire d’enfant. Il sait être grave, mais parfois, vidéo aidant, il revient dans un avant nostalgique, entre délits, danses alcooliques et bonheur amoureux.

Le gaillard au cœur tendre se cherche un passage entre une autre vie et les trésors accumulés jadis entre deux éclats intempestifs. Rire et colère peuvent alterner. Douceurs et coups de gueule se chevauchent volontiers, au gré d’une humeur légère. Une joie de vivre simple anime ce garçon qui n’aime pas les contraintes. Alors, au désert, il n’était pas à la fête…

Je change, je ne change pas, je râle un peu, je souris. Il se souvient d’Ibrahim, le sorcier, qui l’a fait bouger… Soudain triste, il repense un instant à celle qu’il aimait, entre deux bagarres ou deux cambriolages.

La tendresse et l’amitié se sont éloignées un moment de lui, au large de Boulogne, loin de ce qui était sa vie.

Lui, il n’était plus qu’amertume et colère, une boule de nerfs prête à fondre, une boule de nerfs pelotonnée, en partance pour le désert.

Alors, les vagues de dunes ont remplacé d’autres vagues faites d’écume familière et de rage passagère…

Alain Bellet

 

Début de voyage

 Le CER du désert,

C’est le plus pourri des CER

Il n’y avait pas de bédo

Plus de risques de voler des vélos

Mais quand je pense à la cité

Je serais peut-être défoncé

Plus de cambriolages,

Plus de partage, sans oublier le « rackettage »

Décidément la vie, c’est toi qui la mènes, comme un gland,

La vie sans fumer, tu ne peux pas t’amuser,

Quand tu prends une bouteille,

Ça te réveille

Dès le matin,

Ça te fait du bien

Avec un gros joint de beu

Ça te déchire les yeux

Allez, ça va mieux

 

Maxime, octobre 2001, sous un rocher

 

Conseil d’ami

Le CER du désert, c’est un CER très très dur. Il faut t’accrocher pour y arriver, avoir confiance en soi. Si tu ne veux pas le faire, ne le fais pas, car au fond de toi, tu vas péter les plombs et foutre le bordel.

Il n’y a pas de shit, pas de bouteilles, pas d’argent dans tes poches. Tu dois avoir du respect pour les Touareg, ils en auront, après, envers toi.

Ils te parlent, tu auras des dialogues forts dans ton esprit, mais ne fais pas semblant de les respecter, ils le voient, comment et pourquoi, je ne sais pas, mais ils le voient.

Maxime

 

Je me souviens de mon parrain

Au commencement du voyage, je me demandais ce que c’était cet homme vêtu de mille couleurs avec un énorme chèche. Je me demandais qui était Ibrahim, la première fois quand je les ai rencontrés. Tu te demandes qui est qui ? Rita m’avait dit, va avec cet homme vêtu de marron avec le chèche jaune.

Il m’avait demandé d’aller avec lui chercher les chameaux. Au départ, il m’avait expliqué comment les reconnaître et comment les charger. J’ai parlé de l’actualité avec lui, de ce qui s’était passé chez les Américains, de Joan qui avait été son filleul. Cela lui avait fait plaisir que je lui parle de lui et alors, il me demanda de ses nouvelles. J’avais répondu que tout allait bien et qu’il travaillait… Il m’avait appris quelques mots en Tamachecq qui allaient me servir pour aller plus tard dans sa famille, pendant une quinzaine de jours.

Les deux premiers jours, je m’étais dit: je n’y arriverai jamais ! Pourtant, je me suis intégré dans cette famille Touareg, plus facilement que je l’avais prévu. Tous les matins, je me réveillais, prenais mon petit-déjeuner et partais au jardin. La première fois que je l’ai vu, je m’étais dit que c’était un jardin bien curieux ! C’était un lieu magique et il allait se passer des choses époustouflantes.

Ibrahim m’a appris à arroser les jardins touaregs et ce n’est pas comme les jardins français avec leurs arrosages automatiques ! Il m’a appris comment faire le thé, la taguela et plein d’autres choses.

Quand je rentrais à sa maison, j’étais toujours bien accueilli. Je n’oublierai jamais ces moments passés avec la famille d’Ibrahim, un moment magnifique, magique, le bonheur, quoi…

Maxime

 

L’eau des gueltas

Je me souviens de l’eau qui coulait

Elle me faisait rêver

J’oubliais mes cauchemars

Oui, j’en avais marre

Aujourd’hui, j’ai encore peur

De passer devant le procureur

 

Je me souviens de l’eau qui coulait

Je regardais toute cette beauté

Elle me faisait rêver

Avant de m’endormir

Je pensais à m’en sortir

Je voulais m’évader

De toute la pauvreté des quartiers

 

Je me souviens de l’eau qui coulait

Elle me rafraîchissait les idées

Quand je voyais les étoiles filantes

Se jeter loin des choses qui me hantent…

Maxime

 

Ibrahim

Ici, il est toujours là, à côté de moi et je pense à lui

Bienheureux , j’étais aveè lui

Riche, dans son cœur, pour aimer

Aidé dans ma délinquance, il m’en fait sortir

Hors du désert, je le vois sans cesse dans ma tête

Images du désert, restées bloquées au fond de moi, cette

Magie m’a transformé en homme heureux, presque sérieux…

 

Maxime

 

Le loup blanc

Je n’ai plus la même mentalité qu’avant de partir, j’en suis sûr! Avant le voyage, ma mentalité c’était deux France, et elle a changé… Avant, tu donnes la joue et tu vis ta vie… Ou aussi, vis ta vie et vis ton rêve… !

Maintenant, c’est plutôt: joue le simple et prends du bonheur sur des choses simples au lieu de te la raconter …

Si la cité t’offre de bons trips, elle est quand même dangereuse, à la limite des barreaux…

Dans mon quartier et aux alentours, on dira toujours, quoi que je fasse, ou ne fasse pas, il va voler ! Même dans ma famille, deux ou trois personnes diront toujours, il n’a pas changé, c’est une certitude ! Alors, je crois qu’il faut peut­ être changer de quartier. Rester près de la mer, pour la voir, elle est si vivante !

Pour sortir de la délinquance, il faut changer de mentalité et savoir contrôler ses mains, mais c’est difficile, avec l’habitude …

Au début, le vol était un jeu sans limites. Je me croyais le plus fort. Le fils de flic n’avait plus honte, il avait des amis, leur montrant ce qu’il pouvait faire. Maintenant, le jeu a des limites. Je les ai touchées, il me faut les affronter et maintenant surmonter mes délits et acquérir un but.

Devenir quelqu’un de bien, gagner de l’argent honnête, ne plus laisser jouer mes mains…

Maxime

 

Une de perdue, dix de retrouvées…

Pendant tout le voyage, je pensais à toi, tout ça me manquait… Le soir avec toi, regarder la télé ensemble… J’avais de superbes paysages devant moi, cela me rappelait les moments où l’on allait se promener ensemble, tous les deux, quand j’étais heureux.

J’avais tous les plaisirs que tu avais, tout ce que tu voulais, tu l’avais… Si j’avais pu te décrocher la lune, j’y serais allé… Tu m’as fait oublier toutes les conneries de mon passé, tu m’aidais à résoudre mes problèmes, mais je ne pouvais pas m’empêcher de fumer et de boire. Toi aussi, tu t’amusais. J’ ai réussi à te faire arrêter de boire et tu m’en as remercié, hélas, toi, tu n’y es pas arrivée.

Je me rappelle des câlins qu’on se faisait toute la journée. Tout ça me plaisait tant… J’aimerais recommencer, mais je ne peux pas. Quand tu es partie, je faisais confiance à mon meilleur ami. Cinq ans de confiance, cela peut servir à quelque chose mais hélas, il m’a trahi, je n’ai rien pu faire ! C’est pour cela que j’ai fait ce CER, pour ne plus penser à elle, elle qui m’a caché tant de vérités… J’aurais pu m’en inquiéter mais je lui faisais confiance.

Ce CER m’a aidé à faire partir presque tous mes soucis mais celui-ci revient de temps en temps…

Je n’oublie pas les bons moments que j’ai passés avec elle. Cela m’avait fait plaisir de découvrir vraiment ce que pouvait être une relation sérieuse… Mais une de perdue, dix de retrouvées…

Maxime

 

Les voyelles de ma vie

A, comme assez d’être assis au commissariat,

E, comme électrocuté par la lampe torche qui me courcircuite les yeux

I, comme les lascars de ma vie qui me pourrissent la vie

O, comme l’Ocb bien roulé, le bédo, c’est comme un grand cadeau

U, comme unité, garde à vue, ça pue !

Y, comme yes, tout ça, c’est avant… Et maintenant?

 

Maxime

 

Le rêve du bleu

Ouvrir la porte du garage, c’est moi le mec en bleu, le mécano

La graisse, ça me plait, j’adore ça ! On m’ appelle Charlot.

Ouvrir la porte du garage, c’est moi le mec en bleu, le mécano,

L’essence me passe par les trous de nez, la tête dans le ventre des autos

On m’appelle le Charlot du garage, c’est moi le mec en bleu, le mécano…

Charcuter les moteurs des autos, j’aime ma vie, j’aime mon boulot.

On m’appelle le Charlot du garage, le mec en bleu, le mécano,

Si tu veux de la tune, fais comme moi, bosse-donc, blaireau !

 

Maxime

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