2003 juin: Bonheurs à venir et misères mêlées

Photo Philippe Depallens

Avec Amanda, Benoît D, Benoit M, Noam et Roger

Le chemin des choix

S’arrêter un instant sur la distance parcourue, poser le regard sur ce que l’on  devient, mettre des mots en correspondance avec une gamme de sentiments nés de la confrontation avec l’immensité saharienne… Une nouvelle fois, ces objectifs viennent d’être assumés par un groupe de jeunes revenus, comme leurs prédécesseurs, du désert du Niger. Comme les jeunes des cinq autres groupes partis au Sahara depuis près de trois ans, Amanda, Benoît, Benoît, Noam et Roger ont fait le grand voyage de l’espérance dans le cadre d’un Centre d’éducation renforcée, avec l’Association Le Lien.

Maintenant, ils tentent de s’offrir la carte Chance, celle que l’on s’offre malgré tout, avec ses peurs, sa fatigue, ce dépassement de soi, cette carte magique permise par la découverte des nomades touareg et près de trois mois passés en caravane à travers le Ténéré et le massif de  l’Air  ainsi que dans les campements traditionnels.

Sur ce chemin de nature, loin des nuisances urbaines et de tous repères connus d’eux, l’apprentissage du respect d’autrui, l’ébauche du respect de soi-même, la réflexion sur les délits commis, tout participe d’une renaissance, un inventaire de décisions d’avenir à prendre s’organise dans les esprits de ces adolescents, fiers d’avoir résisté, fiers d’avoir dompté leurs craintes. Mais ils savent les lendemains fragiles, entre émotions et vieux réflexes. Alors, les mots sont venus, des textes ont pris formes avec la magie du dire, du verbe et de l’engagement de chacun.

Le chemin des choix est toujours escarpé,  délicat, difficile  à négocier.  Il leur  faut  retisser des liens affectifs, s’inscrire dans un projet de vie, aborder une formation et un futur métier avec détermination.

Tout cela nécessite une farouche volonté d’être, un désir constant de mieux négocier l’avenir.  Fasse que tous les textes qui suivent les fortifient sur les sentiers de demain qui s’ébauchent dans l’aujourd’hui des ruptures.

Alain Bellet

Photo Philippe Depallens

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