Daniel

Daniel, le garçon qui parlera aux chevaux

Le regard questionne, le froid semble le grignoter, même recroquevillé devant la cheminée. Heureux d’avoir su vaincre une partie de ses peurs au désert et d’avoir su accepter le voyage, Daniel possède la force des petits gabarits, ceux qui doivent se surpasser pour avancer plus et toujours, et parfois s’imposer dans un monde de muscles…

Au Sahara, son père lui manquait et s’il pensait qu’il n’arriverait jamais à tenir jusqu’au bout, il a su se convaincre et réussir. Si sa fragilité physique lui sert parfois de prétexte pour rester à l’écart, à d’autres moments, il est dans l’action, dans le jeu, dans la confrontation aux autres. Ce faux timide sait ce qu’il veut et saura transcender sa petite taille. Lad, jockey, un univers mêlé d’hommes et de chevaux l’attire au point de vouloir en faire un métier, un mode de vie aussi. Alors, il fera tout pour en suivre la formation.

Et si des nuages encombrent parfois la tête de cet adolescent courageux, il lui suffit de penser à Bachar et le soleil revient…

Alain Bellet

 

Changer, pour être en paix

Peu à peu, j’ai retrouvé le bruit. En France, le 24 décembre, j’ai retrouvé les voitures. J’espérais que ma famille irait bien. J’étais content de leur téléphoner . J’étais ému, ça me faisait quelque chose dans la poitrine. « Je suis fier de toi, il faut continuer, Daniel. .. » m’a dit mon père. Moi, je lui ai répondu:

« Il ne me reste plus qu’un mois et demi… J’ai trouvé que j’ai changé en mentalité, en plus, je ne dis plus de gros mots… »

À la place des grossièretés, je cherche d’autres mots pour réfléchir et m’améliorer dans mes paroles, pour avoir un nouveau langage et un nouveau comportement, plus sérieux, davantage correct.

Je veux recommencer une nouvelle vie avec ma famille pour qu’elle soit fière  de moi et moi aussi, je veux toujours être fier de moi.

Avant, je n’avais jamais été  content  de moi-même,  parce que  je ne  faisais  rien de bien ! Maintenant, je suis plus heureux parce que je travaille  et  que  je vais faire davantage encore, sans m’arrêter!

Être en paix, pour mieux vivre avec les autres et continuer, après, chez moi, dans le Nord-Pas-de-Calais. ..

Daniel

 

Je repense à Bacher, quand il me parlait…

Je repense à Bachat quand il me parlait de sa famille. Je sais qu’il était content de parler avec moi. Et moi, il m’écoutait, j’en avais besoin… Il voulait que j’aille dans son campement pendant un mois et une semaine, pour que je connaisse ses enfants. Moi, ça m’a fait énormément plaisir et cela m’a aidé.

Je ne sais pas comment le remercier de m’avoir accueilli parmi les siens. Je pourrais dire merci Bachar, de m’avoir aidé à m’en sortir avec tes fils, Elias, Al Rassan, Bagda, Mohamed et Ibrahim.

Bachar était un homme généreux e,t pendant la caravane, je l’ai toujours senti près de moi, attentif, inquiet, disponible.

Je l’appelais Docteur Bachar. Il est toujours mon médecin  préféré!  Le soir, pendant la caravane, je dormais près de son bivouac et je buvais sa tisane miraculeuse.

À Iférouane, il allait m’acheter des dattes, des bonbons et son fils Bagda m’offrait des gâteaux.

Chaque matin, j’allais chercher les chameaux et avec Bachar nous allions visiter les campements de ses amis à trois heures de chez lui. Un jour, nous avons fait la fête et douze chèvres ont été mangées ! Chemma était là, le boucher de la caravane ! Ihram était aussi avec nous, j’aimerais lui dire bonjour, à Bay aussi, mon cuistot préféré !

J’accompagnais Bachar à la mosquée, dans les Tamgak, mais je ne rentrais pas. Je l’attendais tout en mangeant de la viande.

À d’autres moments, nous allions au jardin et je voyais le frère aîné de Bay.

... Dis, Bachar, est-ce que ta main va bien ? Moi je vais bien et dismoi, mon chameau  blanc, ça va ?

Dis donc merci à Bay de m’avoir acheté mon grand boubou de couleur noire, je le porterai chez moi en pensant à vous…

Daniel

 

Mon  cuistot préféré

Bay était un homme généreux. Je le trouvais courageux, je l’aimais bien quand je faisais la cuisine avec lui. Il savait y faire avec les jeunes et avait toujours son petit sourire. Il est rigolo, cet homme !

Il ne faisait que rire. Je voudrais lui passer le bonjour et lui donner  une photo de moi pour qu’il soit content et qu’il pense à moi. Je ne voudrais pas qu’il m’oublie!

C’était un bon ami. Je savais que je pouvais compter sur lui. Quand je ferai la cuisine, je penserai toujours à lui et grâce à lui, je suis fier de moi. Maintenant, il faut que je sois :

Fier comme tout le monde

Content de moi

Il faut que mon père soit fier de moi

Et que mon frère le soit aussi. . .

Daniel

 

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